Les avantages du MBA dans le cadre d’un lancement en affaires

Articles - Image d'intro

Alain Thériault est un éducateur certifié et titulaire d’un MBA enseigne le démarrage d’entreprises et la rédaction du plan d’affaires à HEC Montréal; il compte aussi plus de vingt années d’expérience en tant que coach d’entrepreneurs.

M. Thériault, qui a notamment participé à la mise sur pied du centre d’entrepreneuriat Poly-UdeM, occupe aujourd’hui un poste d’associé et responsable du développement des affaires chez ExoB2B. Il agit présentement comme un accompagnateur d’entreprises émergentes, et particulièrement pour celles qui sont impliquées dans un modèle de type B2B.

C’est dans ce contexte que l’on vous présente une entrevue avec M. Thériault sur le thème du démarrage d’entreprises, ainsi que sur les atouts offerts par la formation de MBA dans un environnement de startup.

POURQUOI SE LANCER EN AFFAIRES?

Les gens se lancent en affaires pour plusieurs raisons, mais on doit toutefois noter le lien entre l’entrepreneuriat et l’expression de soi. Le démarrage d’une firme peut ainsi se voir comme l’affirmation d’un certain caractère délinquant, tandis que les fondateurs se retrouvent inexorablement confrontés à défendre leurs idées malgré les embûches. Il faut aussi souligner la popularité du statut d’entrepreneur en ce moment, alors que la société s’intéresse beaucoup à eux (émissions de télévision et chroniques régulières dans les médias).

En parallèle, il faut remarquer la présence d’un système de support entrepreneurial bien développé au Québec, tandis que les organismes d’accompagnement et la disponibilité du financement offrent un environnement propice au démarrage de nouvelles compagnies. Il est donc facile et rapide de se lancer en affaires dans la province.

LES CLÉS D’UN BON LANCEMENT D’ENTREPRISE

Alain Thériault est formel: il est essentiel pour l’entrepreneur d’être un bon vendeur, un fonceur avec une bonne écoute. Ce dernier va cogner aux portes et attire l’intérêt des clients envers les solutions qu’il propose.

Malgré tout, le plan d’affaires demeure un document nécessaire, surtout en appui à l’encadrement offert aux fondateurs. Il faut cependant faire attention; celui-ci ne doit pas devenir trop rigide ou contraignant, ce qui est particulièrement vrai pour les startups impliquées dans le domaine des technologies de l’information, où les choses bougent très rapidement!

Il faut aussi savoir bien s’entourer, et pas nécessairement par ses amis. L’entrepreneur ne doit surtout pas s’asseoir sur ses lauriers, mais plutôt s’associer avec des gens en mesure de le défier. Ce dernier ne doit ainsi pas avoir peur de défendre son point de vue, mais devrait aussi être capable d’afficher une ouverture aux nouvelles approches. En ce sens, il faut miser sur l’itération des idées et s’orienter vers l’action (agir, réfléchir, agir à nouveau).

Les analyses trop poussées et les planifications purement théoriques sont à déconseiller, tandis qu’il faut constamment tester les nouveaux concepts mis de l’avant. De même, le modèle de l’entreprise et le design de la proposition d’affaires doivent faire l’objet de modifications occasionnelles, tandis que l’on doit poursuivre la validation des idées qui propulsent la compagnie.

SURVIVRE AUX PREMIÈRES ANNÉES

Le corollaire négatif des nombreuses infrastructures de support à l’entrepreneuriat au Québec occasionne une certaine dépendance envers les subventions et autres programmes de soutien au démarrage. Selon Alain Thériault, il en résulte que plusieurs personnes qui ne sont pas des entrepreneurs peuvent se lancer en affaires sans être réellement préparées.

Les gens se concentrent ainsi sur leurs qualifications, ce qui n’en fait pas de bons gestionnaires ou de bons promoteurs. En conséquence, les entreprises peuvent survivre un an ou deux grâce au support présent, alors que les premières années devraient être axées sur la croissance rapide des ventes et l’acquisition de clients.

Les chefs d’entreprises se soucient ainsi plus souvent de l’augmentation des revenus plutôt que de la gestion interne des opérations (et des profits nets). En ce sens, il est avantageux pour ceux qui ont du succès en affaires de s’entourer de bons gestionnaires, ce qui est souvent un aspect négligé de la vie d’entrepreneur.

C’est à ce niveau que la formation obtenue dans le cadre du MBA prend tout son sens pour une startup, et notamment par la flexibilité et la capacité à travailler en équipe nécessaires pour décrocher ce diplôme.

Selon Alain Thériault, l’environnement de travail offert lorsque l’on fait son MBA est unique, tandis que l’on se retrouve confronté à collaborer avec des gens de qualité, mais qui n’ont pas nécessairement la même approche de l’élaboration de solutions.

Ainsi, les habiletés théoriques et techniques peuvent s’acquérir de plusieurs manières, mais le rythme rapide et les multiples facettes abordées lors d’une formation de MBA sont des atouts recherchés pour les nouvelles compagnies.

En somme, le MBA n’est pas un diplôme essentiel pour se lancer en affaires, mais il est toujours judicieux de pouvoir compter sur un gestionnaire ou associé qui possède l’expérience et la polyvalence propres à cette formation. Ce diplôme est une valeur sûre pour une startup, même si le MBA est traditionnellement associé à l’administration de firmes bien établies.

On doit toutefois mentionner les affinités que peuvent avoir les spécialistes de la gestion titulaire d’un MBA avec la reprise d’entreprises existantes (repreneuriat, ou intrapreneuriat). Ce type de lancement en affaires, qui offre un filet de sécurité et des ressources déjà en place, sollicite parfois mieux les compétences et les intérêts de la majorité des détenteurs d’un MBA.

Retour à la liste des nouvelles